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De septembre 2007 à mi-octobre 2010, j'étais aux Beaux Arts du Mans, où je suivais un DNAT (diplôme national d'art et techniques) en design d'espace.

 

Voici le texte récapitulatif de mon diplôme ainsi que quelques photos.

 

« Entrelacs de porcelaine » est avant tout une rencontre avec un matériau : la porcelaine.

 Cette rencontre a eu lieu lors d’un stage d’initiation en barbotine de porcelaine chez Nathalie Domingo.

La porcelaine trouve ses origines en Chine vers le IIe siècle  sous la dynastie des Han de l’Est, ramenée par les Italiens au XVe siècle,  elle a assuré son prestige dans le monde entier.

La fascination qu’elle a exercé s’explique aussi par le mystère, qui parut longtemps miraculeux aux yeux des étrangers, d’une matière issue de la terre et néanmoins translucide, brillante, sonore.

 Mon point de départ a été la réappropriation des enseignements qui m’ont été transmis lors de mes stages  et des pièces qui en ont résulté.

 Là où les techniques manuelles disparaissent et où l’industrialisation prend de plus en plus le pas sur la production, j’ai choisi de rester dans un procédé de création manuelle où le geste et la matière importent plus que la rentabilité. 

La priorité n’est pas de faire de la céramique mais bien de penser le matériau de façon unique pour chaque objet et la seule façon de faire de la céramique est dans le comportement de chacun face à elle.

 L’incertitude du résultat et le questionnement qui en découlent  m’intéresse : les pièces qui se brisent sont autant de défis à relever que d’expériences d’enrichissement. C’est dans ces tâtonnements que réside la plus grande force de la matière, car elle permet l’expression d’une équation instable qui fait que chaque grain qui la constitue peut réagir ou interagir différemment en fonction de ce qui l’entoure.

L’accumulation de ces petits détails transforme une pièce quelconque en quelque chose d’important voire de grandiose :

« la pièce parfaite n’est pas celle qu’on a déjà faite mais c’est celle que l’on fera demain ».  Alexis Duclos, artiste céramiste.

Pour mes premières expérimentations, j’ai choisi d’utiliser la porcelaine à l’état liquide sous forme de barbotine et de rester dans des formes de géométrie simple : des demi-sphères de différentes tailles.  Issus de la recherche sur le moule comme support, les volumes jouent de la composante du plein et du vide, du figuratif et de l’imaginaire, du contenant et du contenu.

Il s’agit alors de s’interroger sur l’existence même de la pièce car si la pièce existait en tant qu’objet, elle n’existait pas en tant que contenant. Et inversement le contenant ne pouvait exister sans être un objet.

 

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La forme du bol me fait penser à un contenant imaginaire à l’image des mains jointes. Elles peuvent porter des objets, les manipuler mais en aucun cas elles ne peuvent les contenir.

C’est aussi une forme géométrique de base. Quelle forme la pièce doit-elle prendre pour permettre à la porcelaine d’exprimer toutes ses forces. Comment la sublimer ? Faire jouer les ombres pour renforcer sa blancheur ? Ou l’effet de la transparence ?

 Les entrelacs représentent les doigts et la manière dont ils sont appliqués interroge l’irrégularité, la courbe, la superposition, l’effet visuel.

 De même l’entrelacs est un dérivé de la dentelle, comme elle, il peut sublimer, ou au contraire enlaidir.

Les pleins, les vides, les trames et les mailles sont les fruits d’une création variée qui investit ce lieu. Elles s’approprient l’espace, l’habillent, le hantent. Elles jouent avec l’ombre et/ou la lumière, la filtrant pour la projeter ou  pour mieux la piéger par la suite.

Pourquoi lier la porcelaine aux mains : nos mains ne semblent pas transparentes. Elles sont un corps solide et pourtant, placées devant une source de lumière importante, elles s’éclairent et laissent se propager la lumière il en est de même avec la porcelaine.

 

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Ma deuxième phase a consisté à créer un motif caché entre deux parois fines de porcelaine, j’ai voulu jouer sur la finesse de la pièce et sa transparence. Le chevauchement de couches de couleur, crée une atmosphère.

La lumière lorsqu’elle traverse la pièce apparaît colorée et diffuse, un peu comme la lumière passant à travers nos mains éclairées.

C’est une lumière qui suggère la vie dans la paroi de terre.

Ma troisième étape a été de traduire l’entrelacs avec la terre de porcelaine. Après des premiers essais, j’essaye de diversifier mes formes, même, si pour le moment, je me trouve confrontée à des pièces qui s’écroulent sur elle-même.

 

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  Mes prochains axes de recherches sont nombreux et je devrais sans doute faire un choix. J’aimerais expérimenter des pièces structurelles afin de me rapprocher toujours au plus près du point de rupture de la matière. Et à l’aide du logiciel Rhinocéros  créer de nouvelles formes, trouver des solutions aux effondrements par la création de support, tester et expérimenter d’autres méthodes d’application afin d’obtenir de nouvelles textures, les possibilités sont vastes.

La tentation est grande également d’utiliser la très riche palette des couleurs offertes par les émaux de haute et basse température et les différentes techniques de cuisson et de décoration.

 

Quelques photos de la salle de passage.

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